{"id":3695,"date":"2017-08-05T13:27:44","date_gmt":"2017-08-05T13:27:44","guid":{"rendered":"http:\/\/www.solidaritynow.org\/?p=3695"},"modified":"2017-08-11T13:38:18","modified_gmt":"2017-08-11T13:38:18","slug":"humanite-grece-tilos-un-ilot-dhumanite-dans-un-continent-cadenasse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.solidaritynow.org\/en\/humanite-grece-tilos-un-ilot-dhumanite-dans-un-continent-cadenasse\/","title":{"rendered":"HUMANITE: Gr\u00e8ce. \u00c0 Tilos, un \u00eelot d&#8217;humanit\u00e9 dans un continent cadenass\u00e9"},"content":{"rendered":"<p><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><a href=\"https:\/\/www.humanite.fr\/grece-tilos-un-ilot-dhumanite-dans-un-continent-cadenasse-639918\"><strong>See the article here<\/strong><\/a><\/p>\n<p>Meisoun, Mohamed et leurs enfants sont arriv\u00e9s de Syrie en f\u00e9vrier. Aujourd&#8217;hui, Meisoun travaille, souriante et ravie.<br \/>\nC&#8217;est l&#8217;histoire d&#8217;une petite \u00eele grecque perdue quelque part dans la mer \u00c9g\u00e9e. Avec \u00e0 peine 500 habitants, Tilos a d\u00e9cid\u00e9 de devenir le havre de ceux qui ont d\u00fb quitter leur patrie pour rester en vie. Reportage.<br \/>\nMaria Kamma, 47 ans, est la maire et l&#8217;\u00e2me de Tilos. D\u00e9bordante d&#8217;\u00e9nergie, enthousiaste et pleine d&#8217;humour, elle d\u00e9gage une impression de volont\u00e9 in\u00e9branlable. \u00c9lue en 2014, elle a d\u00e9j\u00e0 laiss\u00e9 une trace ind\u00e9l\u00e9bile sur la vie de l&#8217;\u00eele. Encart\u00e9e au Pasok (parti socialiste grec) depuis plus de vingt-cinq ans, elle force le respect de tous, m\u00eame ceux qui pourraient la voir comme une adversaire politique. Les quelques militants de Syriza qui vivent sur l&#8217;\u00eele la saluent d&#8217;un simple \u00ab camarade \u00bb. Mais tout ce que fait Maria s&#8217;inscrit dans la tradition de solidarit\u00e9 des habitants de Tilos.<\/p>\n<p>Cela fait maintenant sept ans que l&#8217;\u00eele re\u00e7oit un flux de r\u00e9fugi\u00e9s plus ou moins constant. Les premiers arrivent en 2010. Parmi eux, Nima, un Afghan de 15 ans \u00e0 l&#8217;\u00e9poque. Aujourd&#8217;hui \u00e2g\u00e9 de 22 ans, il habite toujours \u00e0 Tilos. C&#8217;est Maria qui l&#8217;a invit\u00e9 pour qu&#8217;il raconte son histoire. En arrivant, ils s&#8217;embrassent comme deux membres d&#8217;une m\u00eame famille. Nima a tout de quelqu&#8217;un d&#8217;heureux. Sourire aux l\u00e8vres, il raconte son histoire : en 2010, il arrive \u00e0 Lesbos depuis la Turquie, puis part pour Ath\u00e8nes. L\u00e0, tandis qu&#8217;il se cache dans des taudis, il rencontre un autre Afghan qui lui parle d&#8217;une \u00eele o\u00f9 il \u00ab sera accueilli comme s&#8217;il \u00e9tait un d&#8217;entre eux \u00bb.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but, Nima voulait aller en Norv\u00e8ge ou en Su\u00e8de. Mais il a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 Tilos, \u00ab un endroit magique \u00bb .<\/p>\n<p>Jusque-l\u00e0, Nima r\u00eavait d&#8217;aller en Su\u00e8de ou en Norv\u00e8ge. Mais, \u00e9puis\u00e9 par son voyage et coinc\u00e9 \u00e0 Ath\u00e8nes dans une chambre qu&#8217;il partage avec 18 autres personnes, il se laisse convaincre et d\u00e9cide de tenter sa chance \u00e0 Tilos. Les deux compagnons de route y partent le jour m\u00eame. D\u00e8s leur arriv\u00e9e, ils y rencontrent une autre famille de r\u00e9fugi\u00e9s afghans log\u00e9s chez des locaux. \u00ab Au d\u00e9but, je leur demandais de me cacher. Je n&#8217;arrivais pas \u00e0 croire que ma pr\u00e9sence ne posait probl\u00e8me \u00e0 personne. \u00bb Quelques jours plus tard, Nima ose enfin sortir et se balader dans le village. Il sera imm\u00e9diatement pris en charge. Pendant un an, il suivra des cours de grec intensif tout en assistant \u00e0 quelques cours avec les autres enfants du village.<\/p>\n<p>Maria n&#8217;\u00e9tait pas encore la maire, mais son pr\u00e9d\u00e9cesseur, Tasos Aliferis, aujourd&#8217;hui d\u00e9c\u00e9d\u00e9, \u00e9tait dans la m\u00eame logique. Nima nous raconte : \u00ab Pendant l&#8217;ann\u00e9e scolaire, deux fois par semaine, le maire venait me chercher apr\u00e8s l&#8217;\u00e9cole pour me faire rencontrer les habitants de l&#8217;\u00eele. Au bout de quelques mois, je connaissais d\u00e9j\u00e0 tout le monde. Une fois l&#8217;ann\u00e9e scolaire termin\u00e9e, je parlais d\u00e9j\u00e0 assez bien le grec.\u00a0On m&#8217;a propos\u00e9 de travailler dans un des restaurants du village. J&#8217;ai accept\u00e9. \u00bb Son travail est d\u00e9clar\u00e9 et r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 normalement. Il vient d&#8217;avoir 16 ans et fait d\u00e9sormais pleinement partie de la soci\u00e9t\u00e9 locale. On est en 2011. Jusqu&#8217;\u00e0 aujourd&#8217;hui, il ne partira de l&#8217;\u00eele que pour trois mois, le temps de passer par Ath\u00e8nes et de se \u00ab rendre compte \u00e0 quel point Tilos est unique \u00bb. Dans la capitale, il re\u00e7oit une offre d&#8217;emploi d&#8217;une ONG pour \u00eatre interpr\u00e8te aupr\u00e8s de r\u00e9fugi\u00e9s et d&#8217;immigr\u00e9s fra\u00eechement arriv\u00e9s en Gr\u00e8ce. Mais il choisit l&#8217;\u00eele. \u00ab Tilos est un endroit magique \u00bb, lance-t-il avec un large sourire.<\/p>\n<p>Quatre ans apr\u00e8s l&#8217;arriv\u00e9e de Nima, le flux de r\u00e9fugi\u00e9s va s&#8217;intensifier du jour au lendemain. C&#8217;est d\u00e9sormais Maria qui doit tout organiser pour que l&#8217;\u00eele puisse y faire face sans y perdre son \u00e2me. Le challenge est de taille : en 2014, comme en 2015, Tilos va \u00e0 plusieurs reprises accueillir le double de sa population en l&#8217;espace de quelques jours&#8230;<br \/>\nParmi ceux qui seront en premi\u00e8re ligne, il y a aussi Eleni Pissa, aujourd&#8217;hui responsable du \u00ab centre d&#8217;accueil pour familles vuln\u00e9rables \u00bb de l&#8217;\u00eele. Regard p\u00e9tillant et sourire malicieux, Eleni se souvient. Tout a commenc\u00e9 un matin de printemps en 2014. Se rendant \u00e0 son magasin, elle a \u00ab vu un grand groupe de Syriens qui venaient d&#8217;arriver. Ils avaient le regard de ceux qui ont longtemps c\u00f4toy\u00e9 la mort. \u00c7a m&#8217;a fait froid dans le dos. Tout de suite avec Maria, on a cr\u00e9\u00e9 un groupe de volontaires pour voir comment les nourrir, les loger, leur expliquer leurs droits&#8230;. Les jours suivants, le flux augmentait, mais de plus en plus d&#8217;habitants venaient se d\u00e9clarer volontaires pour aider \u00bb&#8230;<br \/>\nIls d\u00e9cident de transformer un vieux camp militaire abandonn\u00e9 en centre d&#8217;accueil. Le conseil municipal approuve \u00e0 l&#8217;unanimit\u00e9. \u00ab On a d&#8217;abord organis\u00e9 l&#8217;essentiel : mettre l&#8217;eau courante, l&#8217;\u00e9lectricit\u00e9, remettre en \u00e9tat deux b\u00e2timents abandonn\u00e9s. Au d\u00e9part, on ne disposait que de notre travail et des maigres moyens de la municipalit\u00e9. \u00bb Quelques mois plus tard, l&#8217;ONG Solidarity Now, ayant entendu parler de leur initiative, leur rend visite et propose de les financer. Dix conteneurs sont install\u00e9s et transform\u00e9s en habitations autonomes. \u00ab \u00c0 l&#8217;\u00e9poque, nous fonctionnions en tant que centre de premier accueil. Mais, une fois que l&#8217;accord entre l&#8217;UE et la Turquie a \u00e9t\u00e9 mis en place, le flux vers notre \u00eele s&#8217;est quasiment arr\u00eat\u00e9. Ce n&#8217;est pas pour autant qu&#8217;on ne voulait plus aider ! \u00bb<br \/>\nDans le camp, on apprend le chant et la musique, les langues, on fait du dessin et parfois aussi du yoga.<\/p>\n<p>Les habitants de Tilos se portent alors volontaires pour accueillir d&#8217;autres r\u00e9fugi\u00e9s. Maria Kamma nous raconte : \u00ab Quand j&#8217;ai appel\u00e9 le minist\u00e8re pour leur dire que l&#8217;on souhaitait qu&#8217;on nous envoie des familles r\u00e9fugi\u00e9es, ils ne m&#8217;ont pas vraiment crue, ajoutant que notre \u00eele \u00e9tait tellement petite que cela n&#8217;\u00e9tait pas n\u00e9cessaire ! Mais on a insist\u00e9. \u00bb L&#8217;id\u00e9e est lanc\u00e9e de transformer le camp de premier accueil en camp pour les \u00ab cas vuln\u00e9rables \u00bb, c&#8217;est-\u00e0-dire les familles avec de nombreux enfants en bas \u00e2ge et sans moyens. Id\u00e9e accept\u00e9e avec enthousiasme par les locaux, et approuv\u00e9e de nouveau par le conseil municipal \u00e0 l&#8217;unanimit\u00e9. Le camp est plac\u00e9 sous l&#8217;\u00e9gide du Haut-Commissariat des Nations unies pour les r\u00e9fugi\u00e9s.<br \/>\nC&#8217;est ainsi que les premi\u00e8res familles arrivent des quatre coins de la terre \u00e0 la fi n du prinntemps 2016. \u00ab D\u00e8s le d\u00e9but, notre but a \u00e9t\u00e9 de les int\u00e9grer, pas juste de les nourrir et de les loger \u00bb, explique Eleni. Sont mis en place imm\u00e9diatement des cours de grec et d&#8217;anglais pour les enfants et les adultes. \u00ab S&#8217;ils restent en Gr\u00e8ce, \u00e0 Tilos ou ailleurs, le grec leur sera n\u00e9cessai re, et l&#8217;anglais plus qu&#8217;utile. S&#8217;ils partent vers d&#8217;autres pays europ\u00e9ens, au moins, ils auront appris l&#8217;anglais, ce sera pour eux un atout. \u00bb C&#8217;est dit avec une facilit\u00e9 d\u00e9concertante, mais tous les habitants du camp le savent : s&#8217;ils veulent rester sur l&#8217;\u00eele pour toujours, ils sont les bienvenus ! Cette attitude unique am\u00e8nera de nombreux volontaires de passage ainsi que le soutien officiel du gouvernement.<br \/>\nEntrer dans le centre d&#8217;hospitalit\u00e9 de Tilos, c&#8217;est un peu rentrer dans une colonie de vacances o\u00f9 les tentes seraient remplac\u00e9es par des conteneurs. Des enfants souriants courent \u00e0 droite et \u00e0 gauche et s&#8217;amusent d&#8217;un rien. Outre les langues, dans le camp, on enseigne le chant et la musique, on fait du dessin, de la peinture et parfois aussi du yoga. Les enfants jouent aussi au foot avec ceux de l&#8217;\u00e9quipe locale. Une grande partie de ces activit\u00e9s sont sp\u00e9cialement con\u00e7ues pour aider enfants et adultes \u00e0 d\u00e9passer les traumatismes parfois tr\u00e8s profonds qu&#8217;ils portent en eux. Et puis, aussi, on essaie de trouver un travail \u00e0 tous ceux qui le d\u00e9sirent.<\/p>\n<p>En tout, 46 Syriens sont log\u00e9s dans le camp, dont 26 enfants de moins de 15 ans. Certaines familles ont d\u00e9j\u00e0 re\u00e7u l&#8217;asile, d&#8217;autres l&#8217;attendent. Meisoun, son mari Mohamed et leurs cinq enfants \u00e2g\u00e9s de 3 \u00e0 11 ans sont arriv\u00e9s en Gr\u00e8ce, d\u00e9but 2016, et au camp de Tilos en f\u00e9vrier 2017. Ils ont quitt\u00e9 la r\u00e9gion de Dara en Syrie o\u00f9 ils vivaient pour \u00e9chapper \u00e0 la guerre, comme toutes les familles du camp. Candidats \u00e0 l&#8217;asile \u00e0 leur arriv\u00e9e, ils ont re\u00e7u le statut de r\u00e9fugi\u00e9s il y a quelques semaines et savent, d\u00e9sormais, qu&#8217;ils ne seront pas expuls\u00e9s.<br \/>\n\u00abIl faut trouver un travail pour ceux qui veulent. Pour les femmes, c&#8217;est une \u00e9mancipation.\u00bb Eleni, responsable du centre d&#8217;accueil<br \/>\nEn Syrie, Meisoun avait toujours \u00e9t\u00e9 femme au foyer. \u00c0 Tilos, elle a d\u00e9croch\u00e9 son premier travail r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 : femme de chambre dans un h\u00f4tel local. Eleni lui a demand\u00e9 si elle voulait travailler et gagner ainsi de l&#8217;argent. Apr\u00e8s en avoir discut\u00e9 avec son mari pendant deux jours, elle a accept\u00e9. \u00ab Cela a \u00e9t\u00e9 extr\u00eamement difficile pour moi au tout d\u00e9but. Mais, en fait, \u00e7a va ! C&#8217;est m\u00eame tr\u00e8s bien ! \u00bb dit-elle avec un large sourire. En tout, 7 adultes sur 20 ont un travail sur l&#8217;\u00eele.<br \/>\nPour la plupart des femmes, c&#8217;est la premi\u00e8re fois. \u00ab C&#8217;est tr\u00e8s important de trouver un travail \u00e0 ceux qui le veulent, explique Eleni. Pour les hommes, c&#8217;est un peu un retour \u00e0 la normalit\u00e9. Pour les femmes, une \u00e9mancipation et une introduction aux moeurs europ\u00e9ennes. \u00bb<br \/>\nTrois des huit familles du camp pensent tr\u00e8s s\u00e9rieusement s&#8217;installer \u00e0 Tilos. Comment trouver des emplois \u00e0 tous ? Maria a d\u00e9j\u00e0 une solution. \u00ab Notre \u00eele est r\u00e9put\u00e9e pour son fromage traditionnel de ch\u00e8vre. Il faut qu&#8217;on ouvre une coop\u00e9rative et que tous ceux parmi les r\u00e9fugi\u00e9s qui veulent en devenir membres\/actionnaires puissent le faire. Cela donnera du travail \u00e0 tous et on produira assez de fromage pour que vous autres (tous ceux qui ne vivent pas \u00e0 Tilos \u00ad NDLR) puissiez en profiter aussi ! \u00bb conclut-elle, en s&#8217;esclaffant.<\/p>\n<p>Quand on lui fait remarquer \u00e0 quel point son attitude et celle de toute l&#8217;\u00eele sont exceptionnelles, elle soupire. \u00ab Nous ne sommes pas des \u00eatres exceptionnels. Nous avons juste fait le strict n\u00e9cessaire que nous impose notre humanit\u00e9 commune. \u00bb Dans le climat europ\u00e9en actuel, c&#8217;est d\u00e9j\u00e0 une r\u00e9volution.<\/p>\n<p>LA RENOMM\u00c9E D&#8217;UNE \u00ceLE<\/p>\n<p>Peupl\u00e9e d&#8217;\u00e0 peine 500 habitants, l&#8217;\u00eele de Tilos d\u00e9fraie la chronique depuis longtemps. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle est une des tr\u00e8s rares \u00e0 pouvoir encore nourrir sa population malgr\u00e9 l&#8217;occupation allemande. Elle va accueillir nombre de r\u00e9fugi\u00e9s locaux, venus des \u00eeles voisines o\u00f9 r\u00e9gnait la famine. Au lieu de voir ces nouveaux venus comme un danger, les habitants de Tilos vont utiliser les b\u00e2timents vides pour les accueillir et les int\u00e9grer. En 2007, le maire y a c\u00e9l\u00e9br\u00e9 le premier mariage homosexuel de l&#8217;histoire de la Gr\u00e8ce. Il sera annul\u00e9 par les tribunaux, un mariage entre personnes du m\u00eame sexe n&#8217;\u00e9tant alors pas reconnu par la l\u00e9gislation. Mais cet acte va lancer le d\u00e9bat qui am\u00e8nera au changement de la loi en 2015. En juin 2017, Tilos a re\u00e7u deux prix de la part de la Commission europ\u00e9enne : le premier prix dans la cat\u00e9gorie \u00ab \u00eelots \u00e9nerg\u00e9tiques \u00bb des prix europ\u00e9ens de l&#8217;\u00e9nergie durable, ainsi que le prix du public. Elle est \u00e0 deux doigts de devenir la premi\u00e8re \u00eele grecque ind\u00e9pendante \u00e9nerg\u00e9tiquement, apr\u00e8s avoir fortement investi dans les \u00e9nergies renouvelables, solaire et \u00e9olienne ces derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>See the article here Meisoun, Mohamed et leurs enfants sont arriv\u00e9s de Syrie en f\u00e9vrier. Aujourd&#8217;hui, Meisoun travaille, souriante et ravie. C&#8217;est l&#8217;histoire d&#8217;une petite \u00eele grecque perdue quelque part dans la mer \u00c9g\u00e9e. 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